ChatGPT, Midjourney, Dall-E un danger pour la propriété intellectuelle
- Marine Hamelin
- 5 sept. 2023
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 19 sept. 2023

Mais qu’est-ce que devient le monde depuis l’arrivée de ChatGPT et des intelligences artificielles de plus en plus pointues ?
On se rappelle qu’en mai de cette année, Geoffrey Hinton, un des pionniers de l’IA a quitté Google et annonce “regretter” son invention. Ces nombreux travaux sur les réseaux de neurones permettent de confectionner des outils bien connus du grand public : ChatGPT, Bard ou encore Midjourney. Cette action devrait nous alerter sur la place qu’occupe l’intelligence artificielle dans nos vies. Donc, faisons un bref récapitulatif.
“ChatGPT peut-il sérieusement remplacer les médecins et les chercheurs ?”
L’IA occupe déjà une place dans les sciences biomédicales. Énormément de financements ont été faits dans le domaine de la radiologie et de l’oncologie (cancer). D’après des chercheurs de l’INSERM, de nombreux systèmes d’intelligences artificielles donnent des résultats… décevants. Le problème se trouve dans les données servant à entraîner l’IA. Celles-ci sont souvent de mauvaise qualité et représentent des données non-représentatives des populations. En effet, si les échantillons utilisés pour entraîner une intelligence artificielle ne sont pas assez grands et révélateurs de la population réelle, alors les résultats seront faussés. Ainsi, un médecin se référant uniquement aux résultats de ces modèles de prédictions, pourrait faire des erreurs médicales dans les diagnostics. On peut prendre l’exemple de la détection de fibrillation auriculaire, définissant un trouble du rythme cardiaque. Aujourd’hui, il peut être détecté grâce aux smartphones et aux montres connectées. Toutefois, une des limites de cet outil est son taux de faux positifs assez élevé.
Bien sûr, l’intelligence artificielle reste un outil innovant dans la recherche médicale. La société alsacienne Transgene travaille sur un vaccin personnalisé prometteur utilisant l’IA pour traiter les maladies cancérigènes. La société a présenté ses avancées lors du Congrès mondial d'oncologie à Chicago le 5 juin. Il s’agit d’un vaccin retardant et empêchant la maladie de récidiver. On parle de personnalisation, puisque c’est une partie de la tumeur de l’individu qui va servir à sa création. À partir de ce morceau et de son séquençage, une intelligence artificielle va déceler les 30 mutations les plus à risques pour le malade, sur 3 000 possibles. Il est toujours en phase de test. On note que sur les 16 personnes qui ont reçu le vaccin jusqu'à présent, aucune n'a rechuté.
ChatGPT fonctionne différemment puisqu’il est un agent conversationnel et non un système prédisant un résultat en rapport à des données. Donc, il n’a pas été pensé pour poser des diagnostics. Cependant, son utilisation se pose dans l’écriture d’articles scientifiques. Cela remet-il en cause le rôle des chercheurs dans l’analyse d’étude et la rédaction d’articles scientifiques? Finalement, la réponse est “non pas tellement”. Des chercheurs espagnols ont demandé à l’IA de rédiger un article scientifique sur “le rôle des IA dans la découverte médicaments”. Sans surprise, celui-ci a sorti un article complet. Or, l’article a dû être retravaillé, car il lui était impossible de donner des références scientifiques correctes, pire encore, il les inventait. C’est une faille bien connue de cet agent conversationnel.
Ainsi, ChatGPT est encore loin de révolutionner le domaine médical, il constitue un outil capable d’aider les chercheurs, mais d’en aucun cas les remplacer… pour le moment.
“Les peintres et artistes en danger ! ”
Dans le domaine artistique, les inquiétudes sont présentes. Le monde musical a été frappé dernièrement par le pouvoir de l’IA, avec la fausse reprise du titre « Saiyan » de Heuss L'Enfoiré et Gazo, par la chanteuse internationale belge Angèle. La voix des deux rappeurs a été remplacée par celle de la chanteuse. Cela a fait le tour des réseaux sociaux début août dernier. Angèle a réagi en reprenant elle-même les paroles et la mélodie au piano et en disant : « Je ne sais pas quoi penser de l’intelligence artificielle. Je trouve c’est une dinguerie mais en même temps, j’ai peur pour mon métier ».
L’Opéra fédéral de Belgique a fait d’une pierre deux coups en mars dernier en associant ChatGPT et Dall-E pour construire la nouvelle plaquette de la saison 2023-2024. Donc l’agent conversationnel et le logiciel de génération d’images ont créé de toute pièce les affiches et les textes associés aux spectacles de l’Opéra. Toutefois, pour certaines créations, il a fallu s'y reprendre plusieurs fois pour obtenir des images correctes. Les utilisateurs de Dall-E doivent renseigner des mots-clés qui généreront quatre images. Ensuite, elles peuvent être retouchées ou choisies comme images définitives. Le directeur rassure en disant que c’est une initiative “expérimentale”. Le but n’est pas de remplacer les artistes par une IA, mais de voir les propositions données et travailler avec elle. Sur la brochure, les graphistes, les maquetteurs et les rédacteurs ont été crédités.
Marine Hamelin


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