L’Inde décroche la lune et vise le soleil
- Marine Hamelin
- 18 sept. 2023
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 20 sept. 2023

Le 23 août dernier, l’Inde a posé sa sonde Chandrayaan-3 sur la lune. Pendant deux semaines, le rover Pragyan de l’ISRO (organisation indienne de recherche spatial) a parcouru et analysé le pôle sud de notre satellite naturel. Ses découvertes suscitent l’intérêt des scientifiques, et nous permettent d’en apprendre plus sur la lune.
“À la découverte de la face cachée de la lune, entre tremblement de terre, températures extrêmes et concentration de soufre”
Chandrayaan-3 c’est quoi?, c’est une sonde constituée de trois composants. Premièrement, un module de propulsion amenant la sonde en orbite autour de la lune. Deuxièmement, un atterrisseur nommé Vikram qui est utilisé pour déposer le rover Pragyan, le troisième élément. Selon l’ISRO le but est “de démontrer la capacité de bout en bout d'un atterrissage et d'un déplacement en toute sécurité sur la surface lunaire”. Donc, en plus de prouver que Chandrayaan-3 est opérationnelle, elle a fait plusieurs découvertes. La sonde constate une variation de température dans les profondeurs. La température à 8 centimètres est environ inférieure à 60 degrés de celle de la surface. Les capteurs sont capables d’atteindre une distance de 10 centimètres. Pour toutes les profondeurs analysées, ils ne descendent pas en dessous de -10 degrés. Ensuite, une activité sismique pouvant être un tremblement de terre a été détectée par le sismographe de Vikram. Cependant, les scientifiques se questionnent, il peut s’agir d’un tremblement de terre, ou alors, d’une petite météorite ayant percuté la surface. Enfin, le spectromètre (appareil de mesure permettant de décomposer une quantité observée) à induction laser révèle une concentration de soufre. Les scientifiques soupçonnent sa présence, car cet élément chimique est un composant de la roche fondue. Hypothétiquement, la lune primitive en était recouverte, et elle se serait cristallisée pour former notre satellite. Ces découvertes sont nécessaires pour comprendre le fonctionnement du sol de la lune. Il représente un élément essentiel envisageable pour la construction d'habitations.
“Le soleil dans le viseur”
Pour continuer sur sa lancée, ce 2 septembre, l’ISRO lance son satellite Aditya-L1 destiné à l’étude du soleil. Aditya signifiant “la divinité solaire” en hindou. Il restera en orbite autour de la planète Terre pendant 16 jours, avant d’entamer un voyage de 110 jours vers le soleil. Il viendra se placer au point de Lagrange 1 du système Soleil-Terre. On peut définir ça de façon simple, comme étant un point d’équilibre entre deux corps célestes, ici la Terre et le Soleil, permettant au satellite de rester stable. L’enjeu pour les scientifiques est l’étude des activités solaires et leurs effets sur la météorologie spatiale. La sonde sera chargée d’étudier la chromosphère et la couronne, constituant la haute atmosphère du soleil. Elle s’attardera également sur l’analyse des éruptions solaires et des éjections de masse coronale, ces dernières caractérisent de gigantesques nuages de plasma solaire expulsés du soleil. Elles sont si puissantes qu'elles peuvent atteindre la Terre et provoquer des aurores boréales, ainsi que perturber le fonctionnement des satellites.
Au-delà de l’aspect scientifique, l’Inde devient la quatrième nation à poser un engin sur la lune, derrière, la Chine en 2013, les États-Unis et la Russie en 1966. L’ISRO existe depuis 1969, elle intervient plus particulièrement dans le lancement de satellites. Le pays s’impose dans le paysage spatial, en étant le premier à mettre un satellite en orbite autour de la planète Mars en 2014. Puis, une mission conjointe avec le Japon doit envoyer une sonde sur la Lune en 2025.
Marine Hamelin


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