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Pensée aléatoire : un exemple que l'égalité entre les hommes et les femmes n'existe pas

  • Photo du rédacteur: Marine Hamelin
    Marine Hamelin
  • 10 oct. 2023
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 13 oct. 2023



Aujourd’hui certains vous diront que les femmes ne vivent pas le sexisme et l’inégalité avec les hommes. Or, il existe plein d’exemples montrant l’invalidité de cette remarque. Nous allons dans ce texte en illustrer un, celui des toilettes.


Je voulais vous parler de mon expérience personnelle. Pour vous poser le contexte, ma contraception est le stérilet en cuivre. Pour les personnes ne sachant pas à quoi cela correspond, c’est un tout petit objet en forme de T avec du cuivre à sa surface. Il est posé par une sage-femme (ou sage-homme, mais très rare, encore un exemple de l’inégalité??), ou un gynécologue au niveau du col de l’utérus. L’avantage de ce petit objet métallique est qu’il permet d’assurer une contraception sans l’utilisation d’hormones, à l’inverse de la pilule. Or, il existe plusieurs inconvénients qui sont les règles plus abondantes et plus douloureuses.


Le problème essentiel de mon exemple se situe dans le premier inconvénient, les règles abondantes. La première conséquence évidente est le besoin d’aller régulièrement aux toilettes, plus que la moyenne qui est de 5 à 7 fois par jour (moyenne de pipis par jour). Par exemple, si je prends mon cas personnel, la journée, j’ai besoin de changer mes protections toutes les deux heures et la nuit toutes les 3-4 heures. Donc, si on calcule, j’ai besoin d’aller aux toilettes 10-11 fois par jour. À cause de ce souci, je dois articuler mes journées de règles autour de la présence de toilettes dans mon environnement. En effet, il m’est arrivé plusieurs fois d’annuler ou de reporter des événements, car je savais à l’avance qu’il n’y aurait pas de toilettes ou d’endroits convenables pour me changer. Donc, j’ai déjà reporté des randonnées, insisté sur une période de vacances plutôt qu’une autre, et dernièrement, j'ai dû annuler une matinée de stage qui se déroulait dans un parc sans toilettes à proximité. Ce côté-là, on peut le ranger dans les conséquences physiques et tangibles. On peut le mesurer, par exemple compter le nombre de fois que les règles et l’absence de commodités ont changé le programme initial. Néanmoins, il y a un autre côté à creuser, celui de la psychologie. De fait, on ne se rend pas vraiment compte comment cela peut être éprouvant pour les personnes réglées. Par exemple, devoir regarder en avance s’il y a des toilettes, devoir trouver un plan B si ce n’est pas le cas, devoir penser à annuler même si nous ne le voulons pas, devoir penser à prendre des protections, devoir penser à prendre des affaires pour se changer si la catastrophe se passe, devoir penser à … Tout cela crée de la frustration, une charge mentale en plus, un stress quand nous arrivons à la période des menstruations, une peur qui peut venir très vite irrationnelle. Durant cette période, nous ne pouvons pas vivre pleinement le présent.


La solution ? Je n’en ai pas de magique à vous proposer. On peut imaginer revoir les services urbains proposés en ville, par exemple avec l’installation de toilettes convenables où les personnes réglées se sentent à l’aise pour aller se changer. On peut imaginer également, parler et éduquer toutes les personnes sur ce sujet, pour que celui-ci ne soit pas honteux, et qu’on ne culpabilise plus d’en parler et d’annuler un événement à cause de cela. C’est un travail assez long, mais sans ça, certaines personnes ne se sentiront jamais à l’aise et libre face à leur indisposition.


Aujourd’hui, j’en parle et je prends mon cas personnel, puisque je suis en train de faire un stage dans une association de journalisme scientifique. Il me tient vraiment à cœur, car ça peut m’aider à entrer dans une des écoles reconnues par la profession. Or, ce matin, je ne pouvais potentiellement pas m’y rendre, car je devais observer une animation qui se déroulait dans un parc sans toilettes à proximité. La veille, j’en ai parlé à mon encadrant. Il a préféré que je ne vienne pas. J’ai essayé de regarder s’il y avait des WC aux alentours, j’en ai trouvé dans un cimetière pas très loin. Je suis même allée acheter des couches pour les fuites urinaires. Donc, j’ai renvoyé un message en disant qu’il y a des toilettes au cimetière d’à côté. Verdict, il a préféré que je ne vienne pas de la matinée. Cela m’a énormément touchée et m’a fait culpabiliser, c’est pourquoi je voulais le raconter. J’imagine que plein de personnes ont des exemples similaires. J’aimerais qu’elles puissent prendre la parole sans peur et hésitation.

 
 
 

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